Ba da, Cornel Mihalache, ati mintit poporul cu televizorul! CM, 2011: “[inainte de 22] Securitatea a fost desteapta si vicleana, si a facut in decembrie un pas inapoi…A lasat Armata sa participe singura la represiunea…[dupa 22] Partidul si Armata ca sa se salveze, s-a razbunat, si au incercat sa distruga Securitatea….”

TVR (and former Sahia film) documentary maker Cornel Mihalache said in an interview back in 2006 that “Nobody has told me that I have lied” in his already-then multiple films about December 1989 (https://www.capital.ro/cornel-mihalache-8220nimeni-nu-mi-a-spus-ca-am-mintit8221-22578.html).  Well, this researcher is willing to say that.  Through the years Mihalache has hosted in these documentaries a who’s who of former Securitate officers, collaborators, and informers:  for the former too many to name here but see the kid glove interviews with former Securitate officers from Timisoara (including Radu Tinu), Iasi, and Sibiu for starters in the most recent “Decembrie Rosu” series; Alex Mihai Stoenescu, Ion Cristoiu, Doru Viorel Ursu (former Interior Minister in the early FSN/FDSN years!); or invocations of Cornel Ivanciuc, Pavel Corut, Valentin Raiha, s.a.m.d.  Mihalache and his recent sidekick, Razvan Butaru, defend themselves with wonderfully circular reasoning…well, what these people have said has been proved right in the ensuing years!  Unfortunately, a lot of otherwise well-meaning people have been taken in by Mihalache’s manipulative documentaries through the years.  As a primer, one can read either what Mihalache has written, or some of the analysis of his films going back to 1998.  From the beginning, Mihalache has exonerated and downplayed any culpability for the Securitate not just in the post-22 December terrorism, but tellingly, also in the pre-22 December repression!  Only he can explain to us why that is, but at least his potential audience should know where he is coming from and why those of us who have researched this subject in depth for so many years do not trust him and question his work.

Nothing probably sums up Mihalache’s views better than his own words in the following:

Cornel Mihalache:  Piepturi Goale, Buzunare Pline (TvR 2011)

https://www.youtube.com/watch?v=gUzAe_mkvsE

http://old.astrafilm.ro/film.aspx?id=4970&year=2012

18:15…

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18:27 “…cea din urma, Securitatea a fost desteapta si vicleana, si a facut in decembrie un pas inapoi…A lasat Armata sa participe singura la represiunea de la Timisoara, Cluj, si Bucuresti.

 

18:45 “si atunci, dupa plecarea Comandantului Suprem pe calea aerului spre zidul de la Targoviste…Partidul si Armata ca sa se salveze, s-a razbunat, si au incercat sa distruga Securitatea. In acest razboi au pierit peste o mie de oameni nevinovati.  Asta inseamna terorismul de stat.”

Resita, decembrie 1989: “Few survived attacks by Romanian Securitate,” says Canadian Doctor (The Ottawa Citizen, 3 January 1990); Resita, ville fantôme, (Marc Epstein, 29/12/1989, L’Express) “Ici, au sud de Timisoara, la révolution s’est faite à huis clos. Dans la peur des tueurs de la Securitate.”

“Few survived attacks by Romanian Securitate,” says Canadian Doctor (The Ottawa Citizen, 3 January 1990)

Opthamologist Michael Priest, 63, of Burnaby, B.C., arrived Christmas Day in Timisoara…

The Canadian doctor traveled to Resita the next day as part of an ambulance convoy with Paris-based relief workers.

In Resita, Priest operated on a patient who had been hit by a dumdum bullet, which splinters upon impact.  The bullets are outlawed internationally.

Found at newspapers.com

https://romanianrevolutionofdecember1989.com/few-survived-attacks-by-romanian-securitate-says-canadian-doctor-the-ottawa-citizen-3-january-1990/

 

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Décembre 1989, la chute de Ceaucescu

Resita, ville fantôme

Par Marc Epstein,

Ici, au sud de Timisoara, la révolution s’est faite à huis clos. Dans la peur des tueurs de la Securitate.

D’abord, le silence. Imposé par la peur. La nôtre bien sûr, mais aussi et surtout celle des 100 000 habitants de Resita claquemurés, terrés chez eux. Ville fantôme, dans l’ouest de la Roumanie, au sud de Timisoara, le long de la frontière yougoslave, au dixième jour de la révolution. On fête Noël à huis clos. Mais, à travers les fenêtres de l’hôpital, les malades ont vu arriver notre convoi : trois camions affrétés par Médecins du monde. Ils crient “Bravo !”, applaudissent. Nous donnent la main pour décharger notre cargaison jusqu’à la pharmacie.

Curieusement, ils n’attendent pas, comme à Timisoara, de secours d’urgence. Si l’on manque de matériel médical, c’est qu’on en manque depuis toujours. Il y a eu ici peu de blessés, et les morts sont rares. Mais la plupart des victimes ont été touchées à la tête, et cela entretient la psychose. On craint les tueurs embusqués de la Securitate, armés de fusils à lunette, les tueurs de la dictature Ceausescu, qui s’appliquent à viser leur cible à la tête. L’hôpital lui-même a été attaqué par les “terroristes”, sortis des bois environnants. Les miliciens les ont repoussés. Ce lundi matin, il y a pourtant eu trois blessés par balles dans les rues de Resita. Dans les couloirs noirs de cet hôpital, une femme cherche à orienter le tube fluo du plafonnier pour avoir un peu de lumière. Il n’y a pas de pénicilline, pas d’anesthésique général non plus, nous confie-t-elle. On a opéré un homme touché aux yeux sous simple anesthésie locale.

D’étranges personnages arrivent dans la ville. Un Britannique avec une Jeep bardée d’autocollants “Médical Aid for Free Rumania” qui transporte une cargaison de médicaments. Il y a aussi des Tchécoslovaques, des Soviétiques. Un Turc au volant d’un 38-tonnes emprunté à son patron. Un autre porte un badge “People Against Power”. Sur la route, un paysan nous dit : “Même Hitler n’a pas fait la guerre contre son propre peuple. Avec Ceausescu, personne ne nous aimait. Maintenant, tout le monde nous aime. Cela est un don de Dieu pour Noël.” Un mécanicien de 31 ans, Bacsan Mircea, déclare : “Notre peuple ne connaît pas les libertés. Cette explosion est dangereuse. Nous n’avons pas les cadres.”

Ambulances mitraillées

“Combien avez-vous eu de morts, ici?” La réponse ne vient pas. Il est trop tôt pour parler. C’est encore comme sous Ceausescu. La même grammaire. Seuls les mots sont un peu différents, mais la langue de bois est toujours là. Dans la journée de lundi, les ambulances de l’hôpital ont été mitraillées, mais les habitants sont prêts à témoigner qu’il n’y a pas eu de violences ce jour-là.

Le soir même, à la télévision, à la cantine de l’hôpital, personne ne bronche lorsque, sur le petit écran, apparaît le nouveau logo de la Televiziunea romana libera, avec le drapeau amputé de l’emblème communiste. Aucun cri de joie. Pourtant, l’écran s’anime. Voici un concert de musique classique. Et le présentateur réapparaît pour annoncer qu’un tribunal militaire extraordinaire a condamné à mort et fait exécuter Nicolae et Elena Ceausescu. Pas de réaction immédiate. II faut interroger une femme pour qu’elle confie : “C’est trop tôt.” Ses voisins s’enhardissent : “II fallait les faire souffrir autant que nous.”

Au matin, trois blessés arrivent. Un genou, un thorax, une tête. Ramassés dans les rues de Resita. Alors, un ophtalmo canadien, surgi de nulle part, soigne le plus gravement atteint. La balle est passée par l’oeil, s’est logée dans le cerveau : un cathéter long intraveineux s’impose. Médecins du monde en a fourni, la veille. Mais le bureaucrate de l’hôpital attend encore l’autorisation de la directrice, absente. Les vieilles habitudes demeurent. Navrantes et ordinaires. Seul remède : le coup de gueule. Qui surprend. Et déclenche, avec un peu de chance, les confidences. Un infirmier raconte une blague anti-Ceausescu : “C’est l’histoire d’un type qui achète un journal et commence à le lire par la dernière page. La vendeuse s’étonne. Il répond : “C’est là qu’on trouve la rubrique nécrologique.” La vendeuse : “Mais pourquoi ne lisez-vous pas la première page ? ? Parce que je voudrais que l’homme qui est à la Une soit à la dernière page.” “Quelle audace inouïe, ce lundi 25 décembre ! Le lendemain, l’infirmier ne savait plus de quel côté lire son journal.

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/resita-ville-roumaine-fantome_834409.html

Décembre 1989, la chute de Ceaucescu

Après le cauchemar

Par Michèle Georges et Jean Lesieur et ,

Le dernier domino est tombé. Dans une mare de sang. Le tyran roumain est mort. Mais son peuple a payé au prix fort la liberté recouvrée. La démence de la dictature de Bucarest interdisait une révolution sans violence et sans haine. Jusqu’à son dernier souffle, le despote aura montré en quel mépris souverain il tenait ses sujets.

Le dernier domino est tombé. Dans une mare de sang. Le tyran roumain est mort. Mais son peuple a payé au prix fort la liberté recouvrée. La démence de la dictature de Bucarest interdisait une révolution sans violence et sans haine. Jusqu’à son dernier souffle, le despote aura montré en quel mépris souverain il tenait ses sujets. Au-delà de sa déchéance, il prolongera par d’épouvantables massacres sa folie destructrice. Vengeance programmée. Il avait formé, à l’école des pitbulls, des chiens furieux qu’il lancerait contre le mouvement insurrectionnel, le jour d’une disgrâce qu’il savait inéluctable. Le souffle de la liberté qui, cette année, a balayé l’ordre stalinien à Varsovie, Budapest, Berlin-Est, Sofia et Prague ne pouvait épargner Bucarest. Mais, en Roumanie, l’aspiration populaire à la démocratie se heurtait à un double mur : le communisme scientifique renforcé par la vision d’un Savonarole nazi. Sa conception de l'”homme nouveau”, empruntée à Mao Zedong, et que le Khmer rouge Pol Pot mettra en pratique à travers le génocide de son propre peuple, consistait à réduire en esclavage des millions de Roumains. Il les humilierait en les affamant, en les terrorisant, en les abêtissant, en détruisant leurs racines, en rasant leurs villages. En en faisant des robots soumis au seul et absolu pouvoir du clan Ceausescu. Sa chute ne pouvait être qu’atroce. Nos trois envoyés spéciaux, Marc Epstein, Michèle Georges et Jean-Marc Gonin, en témoignent. Crimes contre l’humanité ? Oui. A Timisoara, Resita, Arad, Brasov et Bucarest, les mêmes images de cette folie meurtrière. Charniers d’où l’on exhume des corps torturés. Tueurs embusqués sur les toits, dans les appartements de la Securitate ? la police politique du régime ? passant d’un immeuble à l’autre par un réseau de galeries souterraines, dont le ” Génie des Carpates ” avait fait son ultime défense secrète, pour assassiner aveuglément le peuple révolté. Des blessés achevés d’une balle dans la nuque à l’intérieur des hôpitaux. Des manifestants fauchés par la mitraille, écrasés par les chenilles des blindés. Combien de victimes ? On ne le saura sans doute jamais.

Mais les Roumains sont restés debout. Portés à un tel point d’exaspération que la mort elle-même était tout autant dévaluée que leur vie. Paradoxalement, ils attachaient à l’existence de leur bourreau un prix inestimable, à la mesure de leur détresse. Le jugement expéditif de Nicolae et d’Elena Ceausescu et leur exécution le jour de Noël seront ressentis par une grande partie de la population comme un châtiment volé.

Le nouveau pouvoir qui se met progressivement en place, où d’authentiques dissidents côtoient des hommes longtemps liés au régime déchu, inspire soupçons et inquiétudes. La tâche qui l’attend paraît insurmontable. Tout est à réinventer, à reconstruire. Des élections libres sont promises pour le printemps prochain à un peuple qui n’a jamais connu la démocratie. L’économie roumaine est à rebâtir. Le monde entier semble prêt à apporter son aide et sa contribution. Ironie : la Chine de Pékin elle-même, enfin infidèle à son féal, tend une main secourable. Mais trouvera-t-on les hommes de compétence et d’intégrité qu’exigent les circonstances ? Faute d’avoir réussi à exterminer ses concitoyens, le Conducator aura bien tout fait pour assassiner son propre pays.

Flanqué d’un civil et d’un militaire qui lui enserrent chacun un bras, Nicu Ceausescu, 39 ans. fils corrompu d’un dictateur déchu, vient tout juste d’être arrêté à Sibiu, au centre du pays. Dans la foule qui lui fait face, quelqu’un lance : “Que peux-tu nous dire pour ta défense? ? Rien, répond le gardien en civil à la place du captif. II n’a rien à dire. Les despotes ont assez parlé. ”

Génie des Carpates

Pour mieux leur imposer silence, on les a exécutés. Nicu, grand voyou mais petit despote, a eu (pour le moment ?) la vie sauve. Mais Elena, sa mère, ” la digne et fière compagne de l ‘”Homme magnifique”, et Nicolae Ceausescu, son père, ont été arrêtés. jugés pendant cinquante-deux minutes d’un procès inique, condamnés et mis à mort peu après la sentence par un peloton de “volontaires impatients”. Une fin escamotée, comme s’il avait fallu effacer au plus vite toute trace d’un “Génie des Carpates” devenu “bête immonde”, responsable, en tout cas, d’épouvantables massacres comme l’Europe n’en avait connu depuis la période nazie. “II aurait fallu lui faire un procès public, s’insurge un homme dans une rue de Bucarest. Nous aurions aimé savoir ce qu’il pensait de la façon dont il nous obligeait à vivre.”

Ce qu’il pensait? On ne le saura jamais, malgré la diffusion de cette parodie de procès, mardi soir, à la télévision roumaine. Une procédure expéditive, à l’image de ce montage vidéo ne permettant de voir ni les juges rassemblés à la hâte ni d’éventuels témoins. Face à face, par-delà deux tables en Formica, il n’y a que deux vieillards, abattus, engoncés dans leurs manteaux, et une voix agressive, crépitante d’accusations : les toilettes luxueuses, les réceptions éblouissantes, les comptes à l’étranger, le “génocide” de Timisoara et de Bucarest, la peur du peuple et sa misère. Ceausescu : “Je parlerai seulement devant la Grande Assemblée nationale et la classe ouvrière. Je ne reconnais aucun tribunal. C’est un coup d’Etat.” L’accusateur : “On ne peut pas discuter avec toi… La décision est sans appel.” Un avocat de la défense intervient. pour constater, “devant les preuves, qu’ils sont coupables”. Procès bâclé, et triste mise en scène, même pour un tyran. On jugeait ainsi, sous Staline, des prévenus condamnés d’avance et exécutés derrière un mur.

Comment Ceausescu pouvait-il imaginer finir ainsi, alors qu’un mois plus tôt son allocution, devant le 14e Congrès du Parti communiste roumain, avait été entrecoupée de 67 ovations ? Mais, d’un discours l’autre, il arrive aussi aux despotes de se trouver face à des auditeurs qui ne sont pas tous des thuriféraires délirants.

L’autre jeudi, méprisant et incrédule, le Conducator harangue la foule du haut de son balcon du palais de la République. Il ne sait pas, évidemment, que c’est la dernière fois qu’il se rend insupportable à la nation roumaine. Qu’est-ce qui lui traverse l’esprit quand il entend monter les huées ? Il ne peut que lever faiblement une main tremblante face à la révolution qui enfle. Puis il promet un peu plus de viande et un peu plus d’argent à son peuple, qu’il prend pour une nation de serfs ou de mendiants. Son sort se scelle à ce moment précis, dans la colère qui monte. La population de Bucarest fait taire le tyran. Omniprésent pendant vingt-quatre ans à la radio, à la télévision, dans les journaux, les vitrines et sur les affiches, il disparaît. Dans son palais, d’abord. Mais on ne le reverra que prisonnier, puis mort.

Car la révolution, simplement populaire jusqu’alors, vient de déclencher, avec ce discours interrompu, des craquements irréparables dans l’armée et à l’intérieur de l’appareil du Parti et de l’Etat. Quel rôle jouent les uns et les autres ? Quels réalignements se font alors ? Pourquoi le mouvement, d’abord irrésistible, mettra-t-il plusieurs jours sanglants à s’imposer ? Et pourquoi s’empressera-t-on de soustraire “le Danube de la Pensée” à la “juste vindicte ” du peuple ?

Quand il quitte, furieux, sa tribune, après son dernier prêche, Ceausescu n’a plus que vingt-quatre heures à vivre libre. Son dernier stratagème ? la “manifestation de soutien” ? a échoué. Et voilà que, après le peuple, l’armée, à son tour, le trahit. Sommé de faire tirer sur les manifestants de Bucarest, le général Vasile Milea, ministre de la Défense, refuse d’obtempérer. Il va le payer de sa vie. Car les soldats fraternisent avec ceux que Ceausescu a osé traiter de “hooligans manipulés par des agents étrangers”.

Le leader aux abois décrète alors l’état d’urgence, fait annoncer que Milea, “responsable des exactions, s’est suicidé”. Et il s’enfuit. Peut-être croit-il encore qu’un renversement est possible. Contrairement aux rumeurs qui se répandent un peu partout, il ne songe apparemment pas encore à la Chine ou à la Corée du Nord, où tout le monde le voit déjà en réfugié choyé. Son objectif premier est beaucoup plus proche. D’abord, le souterrain qui mène des bas-fonds de son palais présidentiel vers l’immeuble du comité central. Dehors, la foule crie : “A mort !” Mais “le doigt qui sait tout” et Elena ? dont “le sourire bon et tendre remplace le soleil les jours de ciel couvert” (ainsi parlait-on en d’autres temps) ? se sont déjà engouffrés dans un hélicoptère qui décolle du toit du bâtiment du Parti. Il ne va pas bien loin. Une Dacia rouge l’attend sur une route de banlieue. Direction : Tirgoviste, à 70 kilomètres au nord-ouest de Bucarest. C’est là, en tout cas, qu’il sera arrêté, au début de l’après-midi, vendredi dernier.

Pourquoi allait-il vers Tirgoviste? Selon certaines sources, Ceausescu y aurait installé un quartier général secret de repli, d’où il pensait peut-être pouvoir diriger une offensive contre-révolutionnaire. A 13 h 30, la télévision annonce la capture de l’homme le plus haï de Roumanie. A 16 heures, Ion Iliescu, membre et bientôt président du Conseil du Front de salut national, confirme l’information. Mais le mystère commence. Au cours des deux jours suivants, l’arrestation du dictateur est tour à tour démentie, puis confirmée. Le pays tout entier guette, à la télévision, les images du Conducator et de sa femme embastillés. Il doit se contenter de Nicu, arrêté à Sibiu, puis de Zoïa, la fille, qui tente pitoyablement de se justifier, alors qu’on a saisi sur elle 97 000 dollars en devises et de somptueux bijoux. Mais nulle trace cathodique du père et de la mère.

Lundi, pourtant, jour de la Nativité, Ceausescu réapparaît. Mort. “L’Antéchrist est mort le jour de Noël”, annonce triomphalement le présentateur du journal télévisé. Il est 19 heures, et le journaliste lit un communiqué expliquant pourquoi le maître de Bucarest et son épouse ont été jugés, condamnés, puis exécutés. Parce qu’ils ont été, depuis vingt quatre ans, à l’origine d’un génocide qui a fait plus de 60 000 victimes ; parce qu’ils ont lancé des actions armées contre le peuple et le pouvoir d’Etat ; parce qu’ils ont mené des attaques contre l’économie nationale ; parce qu’ils ont tenté de fuir et de récupérer plus d’un milliard de dollars déposés dans des banques étrangères.

Pas de commentaires, alors, ni même d’images. Il faut attendre 2 heures du matin, le mardi, pour voir enfin les deux tristes figures. Scènes muettes de deux vieillards prises ? on le comprendra plus tard ? au moment où ils s’apprêtent à comparaître devant un tribunal. On voit aussi le petit homme de 71 ans s’extraire péniblement d’un véhicule blindé, rajuster sa chapka et s’en aller d’un pas relativement assuré vers on ne sait trop quel destin. Séquence suivante : une visite médicale, une prise de tension, sans objet pour un homme dont chacun, lui le premier, sait sûrement qu’il va mourir. La télévision repasse les mêmes documents toute la nuit, et encore à 13 h 30, heure locale. Mais, cette fois, il y a quelques photos de plus : celles d’un mur criblé de balles et de la partie supérieure du cadavre de Ceausescu. A 0 heure, mercredi, enfin, le procès est diffusé : cinquante-deux minutes, seulement, au lieu des deux heures promises.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour apporter la preuve de la mort d’un condamné châtié si vite ? L’explication viendra quelques heures plus tard, apportée par le nouveau Premier ministre, Petre Roman, à un visiteur officiel du gouvernement yougoslave. “Des agents de la Securitate ont tenté de libérer Ceausescu par la force après son arrestation. Ils avaient des chances de sauver leur leader. C’est pour cette raison que le Conseil du Front de salut national a décidé de préparer rapidement le procès. Il est certain que Ceausescu n’aurait pas été condamné différemment par toute autre cour. Ses crimes sont trop graves pour ne pas être sanctionnés par la peine capitale.” C’est aussi pour cela qu’il fallait dérouter l’adversaire, annoncer puis démentir la nouvelle de l’arrestation de son chef.

Et puis, il y a une autre explication. Tout le monde, mis à part le peuple, avait intérêt à ce que l’Homme magnifique disparaisse au plus vite. Tous ces complices qui, petits ou grands, en Roumanie ou en Union soviétique, l’avaient fait roi dans ce pays où, à la fin de la guerre, le Parti communiste ne comptait que 200 membres. Ceausescu, ancien paysan, apprenti cordonnier, était du nombre, militant sans doute sincère alors. Mais, depuis un quart de siècle qu’il exerçait le pouvoir sans partage, chacun savait que ne comptaient plus ni l’idéologie ni la morale. Seuls importaient un clan et son chef, devenu fou, obsédé par l’invention d’un “homme nouveau”, dont il fallait détruire les villages, rationner la consommation de biens de première nécessité, qui devait trembler de froid en hiver, et de peur s’il n’était pas satisfait. “Les vers de terre ne sont jamais contents, quoi que vous leur donniez à manger”, a dit un jour Elena Ceausescu, “scientifique émérite”, couverte de doctorats, et de distinctions, décernées aussi par des institutions occidentales. Ion Pacepa, ancien chef des services de renseignement roumains passé à l’Ouest, a raconté comment on lui confia la mission de débusquer les secrets technologiques de l’Occident afin de les distiller dans les multiples conférences et ouvrages “spécialisés” de l’épouse du chef.

Mais il arrive que même les vers de terre se révoltent. Tels ces ouvriers de Brasov, il y a deux ans déjà. Tel ce pasteur transylvanien, Laszlo Tokes, défenseur de la cause de la minorité hongroise dans sa province et qui s’entend signifier, un jour, un ordre de déportation loin des auditoires qu’il enflamme.

C’est là, dans la ville de Timisoara, autour de son église, que tout a commencé, le samedi 16 décembre. D’abord, une chaîne humaine pour protéger la maison du pasteur de l’Eglise réformée, puis des ouailles qui entonnent le vieil hymne “Réveille-toi, Roumanie !” et un homme juché sur un tramway devant une foule d’abord hésitante, qui proclame : “Je n’ai pas peur des bandits de la Securitate. Frères, le moment est venu de s’unir et de recouvrer notre liberté.” La répression tourne au carnage. Les bilans faisant état de plusieurs milliers de morts sont exagérés, selon les organisations humanitaires habituées à ces macabres recensements : 766 morts auraient été, en fait, comptabilisés dans les hôpitaux roumains entre le 22 et le 26 décembre. Mais la seule vision d’un charnier, à Timisoara, où l’on retrouve des cadavres éventrés puis recousus, suffit à provoquer l’horreur.

A Bucarest, la foule pressent, plus qu’elle ne sait, que des scènes épouvantables se sont déroulées dans l’ouest du pays. A son retour d’un voyage officiel en Iran, Ceausescu intervient à la télévision, le 20 décembre. Le lendemain, jeudi, la colère continue de monter. Le vendredi, le monarque s’enfuit. Et le nouveau souverain, le peuple, part à la conquête de la tour de la télévision. Un symbole qui répond, en outre, à un besoin : prendre enfin la parole. Dans son livre, Pacepa raconte que Ceausescu a “dressé” sa police secrète à prévenir, entre autres choses, “une prise de contrôle des stations de radio et de télévision par des forces hostiles cherchant à communiquer avec la population”.

Pendant cinq jours, l’endroit sera donc l’un des champs de bataille de la guerre civile. Qui se bat ? D’un côté, le peuple et l’armée ; de l’autre, les forces du département de la Sécurité d’Etat, autrement dit la Securitate. Selon le “Jane’s”, la bible des experts militaires, l’armée est “l’une des plus mal équipées du Pacte de Varsovie, tant en termes de quantité que de qualité”. Ceausescu s’en est toujours méfié, au point qu’une branche entière de la police secrète avait reçu pour unique mission de s’assurer de la fidélité de ses officiers. Et il avait fait de son frère Ilia le n° 2 du ministère de la Défense.

La Securitate, c’était, au contraire, plusieurs dizaines de milliers d’hommes privilégiés, équipés d’hélicoptères d’assaut et de transports de troupes, de véhicules blindés, d’un réseau de communications très sophistiqué. Elle était constituée en 17 bataillons, dont certains de parachutistes. A en croire le témoignage d’anciens membres des services secrets roumains, comme Liviu Turcu ? qui fit défection il y a un an ? Ceausescu se reposait de plus en plus, dans la période la plus récente, sur un groupe spécial antiterroriste d’un millier d’hommes environ et sur une nouvelle unité d’élite, le “directorat 5, pour la protection des dignitaires du Parti”. Une force issue de la nouvelle génération des combattants de la Securitate : selon Turcu, la stratégie de recrutement de ces troupes changea, en effet, il y a une dizaine d’années. Elena Ceausescu avait alors décidé que, pour être sûr de la loyauté de tels soldats, il fallait les recruter très jeunes, dans des orphelinats, les former dans des écoles spéciales, et faire du Génie des Carpates leur véritable père. Ce sont probablement de tels bataillons qui ont, ces derniers jours, mené les combats d’arrière-garde.

Samedi, 20 heures. La tour de la télévision ? 11 étages ? est cernée par les chars et les miliciens. Sur les immeubles environnants, des tireurs isolés sont postés sur les toits. Quand ceux-ci sont repérés, les blindés entrent en action ; la moitié des immeubles de la capitale sont calcinés.

A l’intérieur de la tour, tout est noir. Pas d’électricité, rideaux tirés. Toutes les vitres sont cassées. On marche à quatre pattes dans l’obscurité. Peur des “saboteurs” oblige, on se trouve sans cesse contrôlé et fouillé par des vigiles que l’on ne voit même pas. Les quelques soldats entr’aperçus sont totalement épuisés. Dans le studio d’enregistrement, Petre Popiescu, présentateur fidèle depuis vingt-quatre ans, raconte à l’un de nos envoyés spéciaux : “Vendredi, à midi. quand j’ai vu passer les trois hélicoptères présidentiels, j’ai dit, ouf! c’est fini. Les manifestants sont arrivés dans l’euphorie. La Securitate les a laissé passer. Ils ont envahi les studios. Nous avons commencé à travailler en direct. Les problèmes ont surgi le soir, vers 22 heures, quand les “terroristes” ont pris le bâtiment pour cible. Nous avons alors lancé un appel à la population pour lui demander de venir défendre sa télévision. La foule s’est précipitée. A 1 h 30, nous avons appelé l’armée à l’aide. C’est alors que les tanks sont arrivés. Ils sont toujours là. ” Popiescu pleure.

Dans les hôpitaux, aussi, on “fait” la guerre. Samedi, 17 heures, service des urgences : des guetteurs armés ? quelquefois d’un bâton ? sont postés au coin des rues barrées par des bétonnières. Un char stationne devant l’hôpital, où l’on installe des chicanes. Le directeur, Andrej Sirika, explique : “Depuis jeudi, nous avons reçu 400 blessés et enregistré 70 morts. Tous par balles.” II est blême et nerveux, et dit à l’équipe de Médecins du monde, l’une des toutes premières ONG (organisations non gouvernementales) à avoir gagné la Roumanie : “Ne restez pas ici, l’hôpital doit être attaqué cette nuit. Nous sommes pris en tenailles entre deux immeubles tenus par des terroristes.” Ils monteront la garde toute la nuit. Finalement, il n’y aura pas d’attaque. Mais l’atmosphère reste tendue.

Samedi 22 heures. Centre des ambulances de Bucarest. “Pas question de vous emmener avec moi. C’est Beyrouth en ce moment”, nous déclare le Dr Ilie Gyorg. Nous partons quand même déposer son infirmière à l’hôpital Coltea : une demi-heure auparavant, une balle a traversé l’ambulance d’avant en arrière. Et le choc a rendu la jeune femme sourde. De nombreux blessés râlent dans l’hôpital. On ne sait pas combien. Puis nous allons chercher de la soupe, du pain et des bouteilles d’eau pour ravitailler le centre de secours, installé à l’arrière du palais de la République, où les combats font rage entre les terroristes embusqués dans le palais et les “patriotes” postés dans l’immeuble du comité central. Il fait nuit noire, les rafales crépitent. Le son est toujours le même : un ou deux coups isolés ? le terroriste ? puis les hoquets des kalachnikovs ? ce sont l’armée ou la milice qui répondent. Enfin, les chars entrent en action. Ils éventrent une partie de l’immeuble suspect, provoquant, en général un incendie. A 11 heures, la bibliothèque universitaire l’une des plus riches d’Europe, flambe. 350 000 livres sont aujourd’hui en cendres.

A l’entrée du centre de soins, nous sommes accueillis à la mitraillette (dans la nuit noire, personne ne sait qui tire sur qui). “On s’est beaucoup tués entre nous”, confie un milicien. Le Dr Gyorg se jette à terre. Le chauffeur de l’ambulance, affolé, s’enfuit avec la soupe et le pain. On ne le reverra plus.

Dans le bloc opératoire, deux médecins et quelques étudiants en médecine semblent épuisés. Une demi-douzaine de soldats, allongés sur le sol ou sur les bureaux, gémissent. Blessés par balles. Impossible de les évacuer, les tirs sont trop nourris à l’extérieur. L’un d’eux a un écusson rouge et bleu sur son uniforme : c’est un membre de la Securitate, rallié fraîchement à la révolution. Il raconte que les terroristes sont une section spéciale de lutte antiterroriste, entraînés à Baneasal (près de Bucarest). Il est assis sur le carrelage, son kalachnikov sur les genoux, son casque sur la tête, avec un pansement sur l’oeil. Et il accuse Yasser Arafat d’avoir envoyé des mercenaires palestiniens en Roumanie.  

“Les miliciens et ces jeunes gens qui s’agitent aujourd’hui sont très désordonnés, très fatigués, et souvent dangereux, confie le Dr Gyorg, ils tirent dans tous les coins. Mais ils nous ont donné une merveilleuse leçon. Ils ont organisé ce soulèvement magnifique et, face aux chars et aux fusils de la répression, ils ont répondu avec un formidable courage. Ce sont des héros.”

Ainsi vit-on, à Bucarest, sous la révolution. On se nourrit de récits héroïques, comme celui de cet étudiant blessé qui se rend, seul, à l’hôpital. On doit lui enlever un oeil. A peine réveillé après l’opération, il veut retourner au combat. “Ma place est sur les barricades avec mes camarades”, dit-il à une infirmière de l’hôpital Cornea. On sourit avec cet écrivain, Jan Grigorescu, 55 ans, toujours membre du Parti, car il voulait, assure-t-il, changer les choses de l’intérieur. Il a reçu une balle dans le pied, dimanche, en sortant des studios de la télévision : “Je suis puni, dit-il. C’est le pied avec lequel j’ai écrit du bien de Ceausescu en 1968. Il était contre l’invasion de la Tchécoslovaquie. Je le trouvais sans doute gorbatchévien…” On s’émeut vaguement de l’histoire de cette femme centenaire retrouvée hagarde, dans un état de déshydratation avancé, dans un coin du palais présidentiel : c’était la mère d’Elena.

On colporte aussi des rumeurs, jamais vérifiées, sur la présence active de mercenaires libyens, syriens, palestiniens, nord-coréens. On se repaît, enfin, d’effrayantes histoires de tunnels truffés de bunkers pleins de vivres et de munitions. Ils permettraient aux terroristes de surgir à tout moment et en tout lieu, de tirer sur tout ce qui se présente. A Bucarest, les souterrains existent depuis le XIXe siècle, quand il fallait se défendre contre les Ottomans. Mais Ceausescu aurait étendu le réseau au cours des dernières années. Ce qui semble sûr, c’est qu’en deux jours, selon la radio de Bucarest, le mouvement insurrectionnel a déniché 48 caches d’armes et de munitions en ratissant seulement 20 rues de la capitale.

Qu’à cela ne tienne ! La révolution triomphe, sans l’aide militaire de Moscou, évoquée samedi, mais finalement jugée peu conforme à la doctrine Gorbatchev de non-ingérence dans les affaires des “pays frères”, ni compatible avec l’esprit d’indépendance des Roumains.

Ceux-ci se réveillent d’un quart de siècle de dictature. Pas si glorieux des quelques scènes de lynchage qu’on leur rapporte, ni des retournements de veste multiples qui s’annoncent dans les ambassades ou dans l’appareil d’Etat ; pas bien fiers, non plus, de leur comportement pendant toutes ces années de plomb. “J’ai toujours écrit que les objectifs du plan étaient réalisés, dit Octav, 35 ans, journaliste économique aux “Nouvelles de Bucarest”. Evidemment, ce n’était pas vrai. Mais il fallait bien vivre. Etre dissident, cela signifiait qu’on se coupait de tout. Je ne pouvais pas me le permettre.”

“Nous sommes 22 millions à vivre dans le subconscient d’un fou”, écrivait, il y a quelques années, un auteur dissident. Le fou est mort et enterré. Le passé peut s’estomper. Reste à inventer l’avenir.

 

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/la-roumanie-apres-le-cauchemar-ceaucescu_834416.html

 

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https://romanianrevolutionofdecember1989.com/2008/12/27/un-caz-nou-24-decembrie-1989-resita-si-un-glont-dum-dum/

https://www.agerpres.ro/social/2017/12/22/eroii-revolutiei-din-89-comemorati-in-mai-multe-orase-din-tara-grupaj–27243

* CARAŞ-SEVERIN

Foto:(c) PAULA NEAMŢU/AGERPRES FOTO

Eroii Regimentului 17 Rachete Antiaeriene Semenic din Reşiţa, căzuţi La Revoluţia din decembrie 1989, au fost comemoraţi vineri, chiar dacă unitatea este desfiinţată.

Fostul comandant al Regimentului 17 Rachete Antiaeriene Semenic, generalul Vasile Cocoşilă, a afirmat că încă nu e cunosc adevăraţii vinovaţi ai evenimentelor din decembrie ’89.

“Trist este că de câte ori se schimbă preşedintele, se redeschid şi dosarele Revoluţiei şi, de fiecare dată, se găseşte cineva care să mai condamne pe cineva. Cu toate acestea, încă nu se ştie cine sunt adevăraţii vinovaţi. Şi eu, după Revoluţie, ani de zile am adunat zeci de probe. Ca să dau un simplu exemplu, am să vă spun că unul dintre soldaţii noştri, după ce a fost împuşcat, i s-a făcut autopsia, iar îl el a fost găsit un glonţ – DUM-DUM – care, o dată ajuns în organism, explodează. Ori armata română nu avea în dotare astfel de gloanţe. Am găsit zeci de tuburi şi de cartuşe ca nu existau în dotarea noastră. Sunt lucruri greu de explicat şi nu cred că îşi vor găsi prea curând răspunsul”, a declarat gen. (r.) Vasile Cocoşilă, fost comandant al Regimentului 17 Rachete Antiaeriene Semenic.

Acesta a recomandat celor prezenţi o carte, ‘Dosarul Revoluţiei – Adevărul despre minciuni’, scrisă de generalul Ioan Dan.

“Din păcate, după 28 de ani, singurii care au plătit cu viaţa şi au fost condamnaţi au fost generalii, militarii, comandanţii Armatei Române”, a precizat fostul comandant al unităţii.

http://www.infocs.ro/video-militarii-cazuti-in-timpul-evenimentelor-din-1989-au-fost-comemorati-la-resita-acolo-unde-au-fost-ucisi/

VIDEO Militarii căzuţi în timpul evenimentelor din 1989, au fost comemoraţi la Reşiţa acolo unde au fost ucisi

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7 militari din fosta Unitate Militara de Rachete din Cartierul Moroasa şi-au pierdut viaţa în evenimentele din decembrie 1989. Pentru a-i omagia, la fosta unitate militară – locul în care au fost ucisi – a fost organizat un ceremonial religios şi au avut loc depuneri de coroane.

Comemorarea eroilor căzuţi în evenimentele din 1989, a continuat vineri la fosta unitate a Regimentului 17 Rachete Anti-aeriene. Manifestarea a început cu intonarea Imnului României, urmat de o slujbă de pomenire a celor 7 militari – cadre și militari în termen – care şi-au pierdut viaţa în apărarea unităţii militare. Atunci, în decembrie 1989, tinerii au fost uciși și nici în ziua de azi nu se stie de catre cine.

La ceremonie au participat prefectul judeţului Caraş-Severin, Matei Lupu, viceprimarul Reşiţei, Adrian Dacica precum şi reprezentanţi ai structurilor MAI.

Despre ce s-a întâmplat atunci acolo, a vorbit fostul comandant al Unitatii Militare, acum general in rezerva, Vasile Cocoșilă: ,, În acea seară, când manifestanţii erau deja adunaţi în faţa Comitetului Judeţean de partid din municipiu, s-a petrecut un lucru care a influenţat derularea evenimentelor. „Atunci, Regimentul 17 Rachete Antiaeriene Semenic a primit primit ordin să apere Comitetul Judeţean de partid. A fost, pentru prima oară, în calitatea mea de ofiţer al Armatei Române, cu o vechime de 25 de ani, în domeniu, când nu am spus: Am înţeles! Am adunat oamenii, le-am spus despre ce e vorba, care e misiunea regimentului. Atunci am luat decizia pe care mi-am asumat-o, de a nu scoate oamenii în stradă. Mi-am asumat decizia de a nu confrunta armata cu poporul, iar consecinţele nu s-au lăsat aşteptate. Dovadă, că în noaptea de 21 spre 22 decembrie, am fost atacaţi de profesionişti, care aveau în dotare arme care nu existau în Armata Română”. Urmariti declaratiile generalului Cocosila in materialul video din articol.

Evenimentul s-a încheiat cu depunerea de coroane la momentul ridicat în memoria soldaţilor căzuţi în decembrie 1989.
Despre așa zisa ,,revolutie” de la Resita, cititi un material mai amplu aici:

https://romanianrevolutionofdecember1989.com/2013/08/17/la-resita-s-a-jucat-o-mare-carte-a-revolutiei-dovada-de-adevar-ce-spun-fosti-securisti-revista-vitralii/

După ce joi au fost comemoraţi eroii reşiţeni în centrul municipiului, vineri a venit şi rândul soldaţilor de la Unitatea de Rachete antiaeriene care au căzut la datorie în decembrie 1989. După intonarea imnului, a avut loc slujba de pomenire a eroilor, în prezenţa oficialităţilor judeţene şi locale şi a rudelor celor decedaţi la Revoluţie.

https://romanianrevolutionofdecember1989.com/2014/12/28/25-for-the-25th-anniversary-of-the-romanian-revolution-22-fighting-after-the-22nd-arad-timisoara-resita-hateg-caras-severin-caransebes/

The Most Accurate Available Transcript of the Trial of Nicolae and Elena Ceausescu II (Elena: “Pai da, tero…”)

(Thanks again to the provocative details and questions provided to me by my co-author, Andrei Ursu.  For Andrei’s insightful comments on this part of the video see below.)

https://rolandothomassonphd.home.blog/2020/04/26/the-most-accurate-available-transcript-of-the-trial-of-nicolae-and-elena-ceausescu-i-the-ceausescus-argue-with-the-soldiers-trying-to-tie-their-hands/

A Ceausescu per – M1 Panoráma – 5. rész

Note:  Unfortunately, currently, there does not appear to be anything near the full trial in Romanian on the internet.  Here one has to listen to the (imperfect) Hungarian translation superimposed over the original Romanian, which is nevertheless thankfully still audible, if weak.  It is still far better than either the incomplete transcriptions of this in Romanian available on the internet, or the English translation in FBIS, which unfortunately suffered from being twice removed, Romanian to German to English, and is incorrect in points.
Presed:  Dar la Bucuresti, in tinerii care au murit, cine a tras, peste care au trecut tanchetele Securitatii? A unei parti… [“tanchetele Securitatii, a unei parti…” this may be a reference to the ABIs of the USLA and/or a mistake/intentional mischaracterization of the concomitant participation of Army tanks in the Bucharest repression of 21/22 December 1989]

E.C. (Elena Ceausescu):  Pai, da, tero…

(N.C. (Nicolae Ceausescu) ii face semn sa taca) (Nicolae Ceausescu signals her to be quiet) [this is very revealing…clearly, Elena was stumbling into saying more than she should and Nicolae wanted to cut her off)

Presed:  Teroristi?  Teroristi?

E.C. Teroristii se spun ca sint, pe aicea vorbeau oamenii, ca sint al Securitatii…

Presed:  Teroristii sint ai Securitatii?

E.C. Asa se vorbea.

Acuz:  Si Securitatea nu era a comandamentului suprem?

https://romanianrevolutionofdecember1989.files.wordpress.com/2014/02/image0-011.jpg

“Adevarata stenograma a procesului Ceausescu (3),” Totusi Iubirea, nr. 23 (40), iunie 1991, p. 5a.

reproduced from https://romanianrevolutionofdecember1989.com/2014/12/25/25-for-25th-anniversary-of-the-romanian-revolution-19-the-trial-and-execution-of-nicolae-and-elena-ceausescu-in-tirgoviste/

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Comments by Andrei Ursu
Yes, TI has it right
I believe it’s faithfully transcribed, and now we have the audio proof! Fantastic!
She says “se vorbea aici teroristii erau ai securitatii”, which is not very damning.
But: 1. She seems to take a big gulp of air as she concedes this fact (whereas they both denied answering pretty much every other question / accusation) which seems to show she perceived it as a fact that might improve their prospect in the trial (she tries the same tack again at the end [note:  see part one of this series]). She seems to have surmised that the securitate snipers were the ultimate accusation against themselves, and it was a PROVEN fact (given the judge’s words “tanchetele securitatii”). In other words, she thought that the accusers had securisti-terorirsti in their hands (maybe captured), so there wasn’t much use denying their existence nor identity. So she was inclined to believe (against NC’s calculations) that their only hope was to offer the securisti, while trying / hoping to distance themselves from them (didn’t work well, since the judge’s next line was “dar securitatea nu e a comandantului suprem?”
2. He cuts her off, like it’s the most delicate matter, a trap, etc.
3. She realizes she might have blown it, so she retreats vehemently: “nu am raspuns”, etc.
I can hear “pai da [erau] tero…” then “teroristii se spun ca sint pe aici vorbeau oamenii ca sint ai securitatii”. (flat statement, without question mark!)
“asa se vorbea”
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There are, of course, so many different types of evidence which support Elena Ceausescu’s words.  The one that came to my mind, in this case, were the December 1990 revelations of Viorel Tocan in Brasov.  Could things be much clearer as to the terrorists’ existence and that they were from the Securitate?
“Brasovul in Zilele Revolutiei.  Din Unghiul Acesta–Interviu cu maior (in rezerva fortata) VIOREL TOCAN,” Dreptatea, 23 decembrie 1990, p. 3

“‘Domnule colonel, noi nu te intrebam daca poti s-o faci, noi te intrebam daca vrei sa opresti macelul in Brasov, s-ti opresti oamenii sa mai traga.’ 

Col Bucur [Seful Securitatii] i-a raspuns ca nu depinde de el, sa-i opreasca cel care a declansat focul.

S-a incercat atunci sa se ia legatura cu Vlad Iulian. Dupa circa o jumatate de ora de tergiversari, col. Bucur a lasat o lista cu 50-60 numere de telefon din Brasov iar el s-a dus la sediul securitatii. 

La o ora, o ora si jumatate dupa aceea s-a oprit focul.

O confirmare:  un maior care este si acum la garzi, era coleg cu mine, a inceput sa dea telefoane de acolo, din sediu.  La un moment dat a primit un telfon prin care era cautat gen. Zagoneanu [Sef Inspectoratului M.I.] sau col. Bucur, cel care telefona prezentindu-se drept un subordonat de al lor. Acest maior a raspuns ca nici ? era acolo ? si ca ? ? ? la telefon. Interlocutorul ? a intrebat atunci daca este adevarat (?) ca s-a dat ordin de incetare a focului, daca nu mai trebuie sa traga.” [? greu de citit]

The Most Accurate Available Transcript of the Trial of Nicolae and Elena Ceausescu I (The Ceausescus Argue with the Soldiers Trying to Tie Their Hands)

(Thanks again to the provocative details and questions provided to me by my co-author, Andrei Ursu.  Andrei found the following in Dana Mustata’s article («The Revolution Has Been Televised … ». Television as Historical Agent in the Romanian Revolution. Journal of Modern European History, Vol. 10, No. 1, Media History after 1945 (2012), pp. 76-97 (22 pages): Elena Ceausescu’s last words at her execution (in response to accusations of Nicolae Ceausescu having ordered the shootings ) were: « Those are the people of the Secu-ritate, they are not ours. We are here in this condition, what power do we still have? You have the power! Ask those who have the power!» ”° Although nobody reflected upon Elena Ceausescu’s last words at the time, they are telling. (p. 94, FN 100 101320, Arhiva Multimedia, Televiziunea))

What is significant is that the widely used English language translation of the trial does not include these immediate post-trial moments before the Ceausescus were taken for execution.  The FBIS translation is in fact from Austrian Television and was translated, it appears, twice, from Romanian to German and then German to English.  (http://chnm.gmu.edu/1989/items/show/690, Irina Livezeanu, “Transcript of the closed “trial” of Nicolae and Elena Ceausescu, December, 1989,” Making the History of 1989, Item #690, http://chnm.gmu.edu/1989/items/show/690 (accessed April 26 2020, 8:34 am).)

The situation isn’t much better in Romanian.  At least the Romanian transcripts available online include the translation of the scenes with the soldiers trying to tie up the Ceausescus and the Ceausescus resisting and arguing with their captors.  But, as we shall see, by watching the following video (one of the few online including these scenes), these popular transcriptions are inaccurate (see, for example, https://ro.wikisource.org/wiki/Stenograma_procesului_Ceau%C8%99escu ; https://adevarul.ro/news/societate/nicolae-elena-ceausescu-Impreuna-luptat-murim-impreuna-1_50ad82ad7c42d5a663967ee4/index.html), because they merge responses together, leave out certain words, and do not assign the correct words to the correct speaker.  It appears that Mustata’s translation above is based on the Romanian version from these commonly used transcripts: “ELENA CEAUȘESCU: Ăia sunt ai Securității, nu sunt ai noștri. Noi suntem aicea așa, mai avem noi puterea? Voi o aveți! Întrebați-i pe cei care au puterea!”

Below, the video of these crucial moments, and perhaps the earliest, AND, if you compare the transcript with the video itself, the most faithful (among what is available; yes, from an unexpected source) transcription of the exchanges between the soldiers and the Ceausescus.

https://artsandculture.google.com/asset/the-execution/owEqbEU3jGAuDg?hl=en

N.C.  Nu admitem!

E.C.  Nu legati!

Militarul se indreapta spre Elena Ceausescu si vrea si-i lege miinile.

N.C. (oprindu-l):  Nu, nu, te rog!

E.C.  Te rog!

N.C. Nu!

E.C. Nu puneti mina pe noi!  Nu ne legati!  Nu vrem!

N.C.  Nu intelegi?  Am dreptul sa ma prezint cum vreau, nelegat.

E.C.  Nu!  Nu!  Nelegati!  Nu e voie sa ne legati!  Nu!

N.C. Nu!

image0-018 ceausescu trial TI

O voce:  Leag-o!

E.C. Nelegat!  Nelegat!  Nelegat!  Ce, va e teama de popor?  Ma, copiilor, ma!

Un militar ii pune lui Nicolae Ceausescu caciula pe cap.  Alti militari ii leaga pe Nicolae Ceausescu si Elena Ceausescu.

E.C. Ma, copii, ma!

N.C. Va e teama, asta e!

E.C. Nu-mi rupeti miinile, ma, copii ma!

N.C. Va e teama!  Niciodata n-am…

E.C. Ma, va e teama, ma!?

Un militar:  Da’ aia care trag in noi ce sint?

E.C. Aia sint ai Securitatii, voi n-ati auzit?  Nu ma legati!

N.C. Rusiine!

E.C. Rusine!  V-am crescut ca o mama!

Un militar:  Luati-i bratara de la mina.

E.C. Stati la un loc, ma!

Un militar:  Las-o, ma, dracu’n pace!

E.C. Ce-i asta?  Imi rupeti mina!  Dati-mi drumu’ la mina!

Un militar:  Leaga bine!

E.C. Dati-mi drumu’! De ce faceti asa?  Dati-mi drumu’!

N.C. Asa spune legea…in toata lumea…

E.C. Aoleu, mai baiatule, ma, imi rupi mina, ma, baiatule, ma!

Un militar:  Jumatate din cine sint morti acum sint din cauza dumneavoastra?

Un militar:  Ai nostri!

Un militar:  Colegii nostri, fratii nostri!

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Un militar:  Au copii, care mor!

Vorbesc mai multi oameni o data, inclusiv Elena Ceausescu.

E.C. Cine sintem noi…aicea, ma?  Mai avem noi puterea?

Un militar:  Las-o!

Vocile se intretaie.

E.C. Intrebati-i pe cei care au puterea.

Inculpatii ies din sala de judecata, insositi de mai multi soldati.

 

“Adevarata stenograma a procesului Ceausescu” (V), Totusi Iubirea, nr. 25 (42), iunie 1991, p. 7a.

 

reproduced from https://romanianrevolutionofdecember1989.com/2014/12/25/25-for-25th-anniversary-of-the-romanian-revolution-19-the-trial-and-execution-of-nicolae-and-elena-ceausescu-in-tirgoviste/

 

“Manescu, Manescu!”: Corneliu Manescu, Frontul Renasterii Nationale, si 22 decembrie 1989

(My thanks to my co-author, Andrei Ursu, for reigniting interest on this question in recent discussions)

To believe the revisionist narratives so popular and influential inside and outside Romania about the Revolution of December 1989, everything worked like clockwork for those who came to power on the afternoon of 22 December 1989 when the Ceausescus were evacuated from the PCR CC building shortly after noon.  Everything was prepared for Ion Iliescu and Ion Iliescu (alone) and the National Salvation Front (which “had been in existence for six months already”) to take power.

In Rechizitoriul Dosarului Revolutiei of 9 April 2019–a 501 page document–Corneliu Manescu, one of the signatories of the famous anti-Ceausescu “Letter of the Six” made public in March 1989, is mentioned only twice–once as a member of the CFSN (p. 140) and once in passing without first name by General Stefan Kostyal (p. 25)–and the Manescu who is mentioned far more is Manea Manescu, former PM and Ceausescu loyalist to the end.  No mention is made of “Frontul Renasterii Nationale” and certainly not in discussing the first media after the Ceausescus left the CC. (https://www.b1.ro/stiri/eveniment/exclusiv-b1-ro-prezinta-integral-rechizitoriul-revolutiei-romane-episodul-1-dovada-implicarii-rusiei-in-evenimentele-din-decembrie-1989-filosovietismul-lui-iliescu-si-acolitilor-sai-286156.html)

It thus cannot explain, and clearly does not want to refer to the following, the banner on the first post-Ceausescu flight newspaper on the 22nd: 

Libertatea:  Ziar al Frontului Renasterii Nationale

Scan

If all the central organs of the communist party-state were in lockstep, and the arrival of Ion Iliescu and the prior existence of the National Salvation Front were known and expected, then how does one explain this rather glaring mistake?  The answer:  because the miserable manipulations of things such as the Rechizitoriu or the televised series of Mihalache and Butaru “Decembrie Rosu” want a tight, damning narrative.  They aim to hang Iliescu and co., and as a nice collateral (?) benefit, they absolve the Securitate of responsibility for the massive bloodshed that they created.

“Frontul Renasterii Nationale” was also not the only alternative grouping by those alleged to be plants for Iliescu from the start.  Mircea Dinescu in one of his early interventions on TV, referred to “Adepti ai Frontului unit muncitoresc din Romania” (Revolutia Romana in direct, p. 27).  (Both FRN and FUM had precursors in Romanian history that ultimately made them inappropriate.) And we also know that in these early hours of the afternoon of 22 December, that chants emanated from the crowd:  “Manescu, Manescu!” (see online videos, also Flacara, “Guverne, Guverne,” nr. 20, 16 mai 1990, p. 13).

In fact, Corneliu Manescu was assumed to be the new leader (although under a different group name “Frontul Salvarii Patriei”) in Radio Free Europe’s Romanian Service’s live coverage of events on 22 December 1989:

N. Stroescu-Stînișoară: Este ceea ce cer atâţia vorbitori la Radio Bucureşti, ei nu vor răzbunare şi violenţă. Ei vor purificare a naţiunii noastre şi a vieţii noastre şi a societăţii noastre civile. O ultimă ştire: unele elemente se repetă în mod inevitabil. După cum rezultă, Ceauşescu care a fost răsturnat ar încerca să se salveze. Din surse diplomatice occidentale s-a aflat ca puterea a fost preluată de Frontul pentru Salvarea Patriei, sub conducerea fostului ministru de externe Corneliu Mănescu.

Radio Belgrad relatează că Ceauşescu a fugit după ce la Bucureşti armata s-a solidarizat cu demonstranţii. Potrivit diplomaţilor occidentali miniştrii au părăsit clădirea Comitetului Central, retrăgându-se la locuinţele lor din cartierul în care se află şi casa lui Ceauşescu, spre care se îndreaptă acum mii de manifestanţi. Potrivit relatărilor care sosesc la redacţie, fostul ministru de externe, Corneliu Mănescu face parte, într-adevăr, dintre cei care au preluat puterea în urma prăbuşirii dictatorului Ceauşescu. Cosemnatar al scrisorii deschise din luna martie în care se critica vehement politica şi modul dictatorial de conducere al lui Ceauşescu, Corneliu Mănescu s-a aflat la aceea dată sub arest la domiciliu. Ţara întreagă era sub arest, spunem noi. El a fost deasemeni exclus din Partidul Comunist….

N. Stroescu-Stînisoară: Potrivit ultimelor relatări fostul ministru de externe Corneliu Mănescu a fost într-adevăr numit în fruntea unui comitet, care a preluat puterea după destituirea lui Ceauşescu. Un maior al armatei a apelat la forţele armate să depună armele, noi nu am confundat niciodată armata română cu forţele de Securitate sau cu acei rătăciţi eventual din Armată care s-au făcut în ultimele zile ale tiranului instrumente ale oprimării poporului român. Vorbind la postul de radio Bucureşti, maiorul a declarat textual: Nu trageţi in fraţii şi surorile voastre! El a cerut, deasemenea, şi forţelor de Securitate să depună armele. Cred că a venit timpul ca indiferent de uniforma pe care omul o poartă să se conducă după conştiinţa morală care undeva în adâncuri pâlpâie in oricare om, chiar şi în acel securist care s-a acoperit de crime.

22.12.89 – Actualitatea românească: Căderea lui Ceaușescu comentată de redactorii Europei Libere

The reference to Radio Belgrade (Yugoslavia) is quite intriguing, because the compendium of chronological foreign press dispatches that was published in Revista 22 a year later (nr. 49, 21 decembrie 1990, pp. 8-9) shows that a little over a half hour after the Ceausescus were evacuated from the CC (1141 Belgrade time; 1241 Bucharest), shows Radio Belgrade announcing that “Un comitet de Corneliu Manescu, fost ministru de externe, a preluat puterea in Romania, informeaza agentia Tanjug.”

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Peter Siani-Davies writes on p. 183 of The Romanian Revolution of December 1989 (Cornell, 2005):  “Moreover, some tantalizing evidence exists to suggest that it was not Iliescu but Corneliu Manescu, a former Romanian foreign minister and one of the signatories of the ‘Letter of the Six,’ that the USSR expected to head the NSF.”  Siani-Davies points to Valentin Falin’s (Head of International Department of the Communist Party of the Soviet Union) 1990 New Perspectives Quarterly article to this effect:  Falin says Manescu declined the offer because of his “ill health” (elsewhere from Siani-Davies’ book, military prosecutor Dan Voinea has claimed that Manescu was found drunk at his residence and in no state to assume power).  Siani-Davies notes how Manescu’s name appeared on a number of lists of new leaders read out from the balcony of the CC on 22 December and notes “how quickly news that Manescu had taken power was broadcast by foreign news agencies, with Agence France Press and Tanjug carrying the story little more than an hour after the flight of the Ceausescus.” (His speculation about the British diplomat Jonathan Lamb in fn. 173, doesn’t pan out when one reads the Times article he refers to; Lamb was clearly speaking later in the day.  for accessible text without paywall, see, https://www.latimes.com/archives/la-xpm-1989-12-23-mn-517-story.html)

It remains unclear if the sources for the claim that Corneliu Manescu had taken power were from within Romania and transmitted to the outside world (e.g. by Tanjug), from plugged in Western diplomats inside or oustide Romania, or perhaps even, as Siani-Davies suggests, by the Soviets (which even if it is true, does not mean he was the only horse they were backing or were willing to back.)

What does seem unambiguous about Corneliu Manescu, Frontul Renasterii Nationale, etc. on 22 December 1989, is that the retrospectively airbrushed version of the 22nd of December is tied to tendentious, revisionist narratives to suggest everything was stage-managed (regizat), from Mircea Dinescu on TV, the central organs of the communist press, foreign radio (including Radio Free Europe in some accounts), etc. to ensure the seizure of power by Ion Iliescu and the National Salvation Front.  The research above should demonstrate that those narratives cannot stand up to the light of day.

 

Directorii Mihaiu Nica si Nicolae Nica la IMRA Bucuresti: retinuti pe 22 la circa 2 Politie, eliberati din ordinul telefonic al generalului de securitate Stamatoiu (Romania Libera, 5 decembrie 1990)

Iata faptele, iata martorii, toti salariatii intreprinderii IMRA Bucuresti.  Cunoastem afirmatia:  “nu stim cine au fost teroristii”…

Carmen Antohi, “Proces de Calomnie,” Romania Libera, 5 decembrie 1990, p. 2a.

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Martorii, salariati intreprinderii IMRA Bucuresti (13 iunie 1990):

–Pe cine dorea sa vineze dl. Nica cu armamentul gasit in biroul sau:  arma vinatoare tip Mauser-carabina, cu luneta cu infrarosu, si o arma de vinatoare ruseasca calibru mare in stare de functionare (cartus pe teava), cu marile canitati de munitie (aprox. 13000 cartuse de fabricatie suedeza productie 1989)?  Sublinem ca detinerea de armament si munitie a fost considerata (de Circa 2 Politie) legala pe motiv ca Nica Mihaiu are permis port-arma de vinatoare.  Este de crezut

“De ce nu a luat Circa 2 Politie nici o masura, desi a fost solicitata in repetate rinduri de reprezentantii salariatilor IMRA, in legatura cu o proba importanta–masina Oltcit 1-B-4900 a fiului sau Nicolae?  Fiind oprit de filtrul ogranizat de muncitorii de la Intreprinderea Avioane Bucuresti s-a descoperit ca era inarmat si avea bancheta din spate patata de singe.  In masina au fost gasite manusi de asemenea cu urme de singe.  Nicolae Nica a fost retinut de corpul de gard al trupelor ce asigurau paza obiectivului; spre dimineata a fost eliberat din ordinul telefonic al generalului de securitatea Stamatoiu (!).”

“–Cu ocazia inventarului facut in birourile celor doi directori s-a constatat ca acolo se afla un adevarat depozit de marfuri de provenienta straina (tigari, bauturi, calculatoare, aparatura video); o geanta diplomat cu cifru continind 210 mii lei, alimente in cantitai uriase depozitate in trei frigidere si doua congelatoare, o trusa de arme albe recunoscuta ulterior de specialisti ca fiind de tipul celor din dotarea trupelor USLA.  Au ramas seifuri si incaperi incuiate care au fost preluate de armata pentru a fi cercetate.  Toata inventarierea, tot ce s-a gasit, inclusiv momentul in care cei doi au fost retinuti si dusi in fabrica in huiduielile muncitorilor au fost inregistrate pe caseta video care a fost predata la televiziune misteriosul general Tudor.  Am fost anuntati ca aceasta caseta ar fi disparut.

 

 

“Teroristii” (Punctul de vedere preliminar al Serviciului Roman de Informatii privind evenimentele din Decembrie 1989), Adevarul, 13 iulie 1994, p. 2

Hopefully I will transcribe the most relevant parts of this at a future time.  For now, I would ask the reader to pay attention from the last paragraph in the second column:  what follows is a cynical, almost mechanical deconstruction of the “terrorists” (“securisti-teroristi”) from separating their initial identification with the Securitate, to isolated groups of Securitate people almost no longer tied to the institution, to unidentified “terrorists,” to Securitate narratives as to who they were (anybody but the Securitate), to the “terrorists” as mere myth and “legend” characterized by “the ingredients of cheap theatrics”…almost as if to tongue-in-cheek highlight and extol the success of Securitate disinformation, already then, less than five years after December 1989.  (I was surprised in doing a google search, to seemingly not find this portion of the SRI Report from 1994 online.  Hence, my decision in refinding it, to post it)

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General Stefan Gusa unintentionally confirms Hungarian claims of communicating locational data on Securitate transmitters to the Romanian Army in December 1989

Although the following interview included in the volume Condamnat la Adevar (http://www.fundatiagusa.ro/assets/files/Media%20presa%20PDF/CONDAMNAT-LA-ADEVAR—GENERAL-STEFAN-GUSA.pdf) starts out similarly to the interview published by Pavel Corut in several of his books in (1993/1994), there are parts of this (recorded/transcribed) interview I either missed in his books or were never included in them.  One of the more interesting episodes is his discussion of being contacted by the Hungarian military, who gave precise information on the exact location of, Gusa claims, the Securitate and DIA transmitters, which he put at the disposition of the Romanian military in order to destroy them and get rid of the “terrorists.”  Even if this is the first we have heard of DIA transmitters (and I question whether this is true, as all previous accounts talk only about Securitate transmitters…because after all, Gusa tries to argue that by targeting both, it was proof that the Hungarians weren’t just interested in going after alleged Securitate terrorists, but were targeting Romanian “national security” and/or attempting to “test” his patriotism!), it is significant for a number of reasons:

  1. Gusa claims he refused the offer and thought it suspicious.  This is at variance with what the Hungarians (former CHOD, Defense Minister, PM and others said at the time and since), that when dealing with Stanculescu, they conveyed that information, and by passing it to Stanculescu, they were able to witness that those locations were slowly taken out of service, presumably as the Romanian military moved to shut them down.
  2. This suggests once again, that the “Timisoara variant”–so popular among residents of Timisoara, that the post-22 terrorist phase was created/manipulated by those who had blood on their hands for the Timisoara repression–namely, Stanculescu, Gusa, and Chitac–is simply wrong.  Stanculescu, who set up shop in the MApN building, and Gusa, who set up shop with Securitate Director, General Iulian Vlad, were not on the same side…as the different accounts about how aid from the Hungarians was viewed.  Stanculescu accepted it…Gusa rejected it.  In the first scenario, this was locational aid directed solely against the Securitate because they were the “terrorists”…in the second scenario, the Hungarians were trying to take advantage of the situation to make the Romanian military destroy sites of “national security” and no Securitate-terrorists existed.  It is pretty clear which of these is truthful and which is not.
  3. Pavel Corut, former Directorate IV, CI-ist, tells Gusa that he has heard the tape of the conversation between Arady and Gusa, because Securitate Unit 0110 recorded it at the time.  If true, this of course is further evidence that the Securitate was still active and not under Army control at this time, and that they were not “with the Revolution.”

(Anyway, I will probably return to further develop this post; thank you for your interest and readership)

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23 December 1989: When General Stanculescu ordered Pintelie “to cut the Securitate’s phone lines” (IV)

https://rolandothomassonphd.home.blog/2020/04/08/23-december-1989-when-general-stanculescu-ordered-pintelie-to-cut-the-securitates-phone-lines-iii/

https://rolandothomassonphd.home.blog/2020/04/01/23-december-1989-when-general-stanculescu-ordered-pintelie-to-cut-the-securitates-phone-lines-ii/

https://rolandothomassonphd.home.blog/2020/03/31/23-december-1989-when-general-stanculescu-ordered-pintelie-to-cut-the-securitates-phone-lines-i/

Having looked at the Securitate’s view of Stanculescu’s decision to order the cutting of Securitate communications in episode 3, and having looked at the justification for doing that and setting up more secure, separate military communications in episode 2–because the Securitate were intercepting communications and feeding disinformation into the lines–here in episode 4 we look at what military prosecutors have said about this event, in particular in the Rechizitoriu from 9 April 2019.  Not surprisingly, we find once again that this event is communicated in a manipulative and decontextualized way, in order to suggest that Stanculescu-Pintelie took this action without any justification and to portray the Securitate as innocent victims during the post-22 period.

In 2016, former Securitate collaborator Ion Cristoiu expressed satisfaction with what the military prosecutors were then claiming:
https://evz.ro/dosarul-revolutiei-ion-iliescu-e-raspunzator.html

Două documente de importanță crucială

Făcînd rost de cele două documente – Ordonanța și Hotărîrea ÎCCJ, -voi reda mai jos un fragment senzațional din Motivarea Hotărîrii, fragment care susține teza – corespunzătoare adevărului istoric – că Armata stăpînea evenimentele după 22 decembrie 1989 și că, în consecință, Armata de atunci e răspunzătoare de fenomenul Teroriștii din decembrie 1989:

”Potrivit declarației martorului Dumitrescu Ionel (colonel inginer, Ofițer I în cadrul UM 02348 – Secția de înzestrare cu materiale tehnice a Consiliului Politic Superior al Armatei, avînd ca atribuții asigurarea cu tehnică de propagandă la inamic a UM 02487 (război psihologic și asigurare cu tehnică de propagandă și cultură – televizoare, aparate radio, amplificatoare de putere, magnetofoane – pentru întreg Ministerul Apărării Naționale), în noaptea de 22/23.12.1989, acesta a fost chemat la Ministerul Transporturilor și Telecomunicațiilor, la adjunctul pentru telecomu nicații al ministrului, Stelian Pintelie. Martorul s-a deplasat la minister unde a discutat inițial numai cu Stelian Pintelie despre necesitatea gestionării corespunzătoare a problematicii telecomunicațiilor pentru toată România în general, pentru toate unitățile militare ale Ministerului Apărării Naționale și crearea unor circuite de rezervă care să fie folosite ca „rezervă caldă” în cazul în care circuitele cunoscute și folosite în mod obișnuit ar fi fost întrerupte. „Arăt faptul că se ținea legătura telefonic prin TO (n.n. – telefon operativ), scurt guvernamental (SG), scurt militar 4 (patru) cifre (telefoanele MI), telefoanele de oraș obișnuite în Ministerul Apărării Naționale cu Televiziunea, Radio, Comitetul Central.

Am constituit la sediul Ministerului Transporturilor și Telecomunicațiilor un nucleu de coordonare a problematicii telecomunicațiilor. Din acest loc m-am deplasat la Comandamentul Trupelor de Transmisiuni care era în Calea Știrbei Vodă, la UM 02415. Am luat legătura cu colonelul Nicolae Popescu, care era comandantul trupelor de transmisiuni, cu care aveam o relație personală foarte bună și i-am adus la cunoștință ce am discutat la Ministerul Transporturilor și Telecomunicațiilor, precum și faptul că trebuia să gestionăm comunicațiile pe linie militară. El și-a dat acordul cu privire la această propunere și i-a chemat pe colonelul inginer Cerbu Nicolae, maior inginer Ilie Florinei și colonelul inginer Benea Valeriu, cărora le-a adus la cunoștință decizia de a prelua sub control total comunicațiile militare și civile, acestea din urmă nefiind în acel moment sub controlul militarilor.

Comunicațiile au funcționat perfect!

Toți cei prezenți au fost de acord cu această decizie stabilind ca fiecare din ei să stabilească relații cu omologii lor civili din Ministerul Transporturilor și Telecomunicațiilor. Menținerea în funcțiune a comunicațiilor teritoriale civile și militare dinainte de fuga dictatorului Nicolae Ceaușescu a permis asigurarea transmiterii ordinelor spre structurile militare și cele civile aflate în subordinea Ministerul Transporturilor și Telecomunicațiilor și în general ținerea sub control a întregii situații. Din ordinul ministrului adjunct Stelian Pintilie și cu acordul meu au fost izolate din punct de vedere al comunicațiilor unitățile de securitate, cele de miliție și structurile PCR.

Din ordinul lui Pintelie Stelian s-a dat ordin ca din data de 22.12.1989 să se întrerupă legăturile telefonice ale securității, atît în București, cît și în cele 41 de direcții de comunicații județene.

Pentru a preveni izolarea unităților militare ale Ministerului Apărării Naționale au fost asigurate legături telefonice pe circuite construite atunci sau pe circuite aflate pe cablurile instalate și care deja se aflau în funcțiune.

Astfel s-au asigurat comunicațiile unităților Ministerului Apărării Naționale cărora le-am pus la dispoziție legături de comunicații care nefiind cunoscute nu puteau fi nici întrerupte , nici supravegheate.

Depoziția martorului a fost susținută și de generalul de brigadă (r) inginer Stelian Pintelie (adjunct al ministrului Transporturilor și Telecomunicațiilor), inginerul Andrei Chirică (ministrul Comunicațiilor), generalul de divizie Nicolae Popescu (secretar de stat la Oficiul pentru probleme Speciale al Guvernului), general de brigadă (r) inginer Ionel Dumitrescu (șeful Direcției Telecomunicații Militare), colonel (r) inginer Mircea Andrievici (comandantul UM 02487 București), Ilie Florinei (inginer angajat civil al UM 02415 București, Comandamentul Transmisiunilor, cu atribuții în asigurarea funcționării legăturilor de telecomunicații pentru comandament și organele centrale ale Ministerului Apărării Naționale, respectiv MApN, Marele Stat Major, departamente, cît și legăturile interurbane de telecomunicații ale unităților militare din țară), Dafinescu Victor (locțiitor comandant Companie Stat Major UM 01210 București). (…)

Începînd cu 22 decembrie 1989, cînd, practic, structurile de Securitate au fost desființate și întregul sistemul de comunicații a intrat sub controlul armatei, nu se mai poate invoca existența unor informații eronate decît în situația în care acestea erau transmise/acceptate cu bună știință.

 

Rechizitoriul 9 Aprilie 2019

Click to access rechizitoriu-anonimizat-251-375.pdf

Probatoriul administrat a demonstrat inclusiv faptulcă pe perioada exercitării inducerii în eroare prin intermediul comunicaţiilor militare, DSS a fost lipsitîn mod deliberatde posibilitatea comunicăriiprin propriul sistem de telefonie.Totodată, încă din seara de 22 decembrie 1989 MApN şi-a dublat legăturile telefonice.Sunt aspecte importante care vin în sprijinul concluziei conform căreia

279dezinformarea princomunicaţiile militare a fostfăcută de la MApN. Faptul că începând cu seara zilei de 22 decembrie 1989, Armata a avut practic comunicaţii noi, face imposibilăpenetrarea, într-un timp atât de scurt, a noii reţele de către o altă entitate. În sensul acesta, sunt următoarele declaraţii: Martorul Paraschivescu Aurelia, sediul SPM, 08.07.2005 –„În luna decembrie 1989 lucram ca centralistă la Centrala telefonică din Drumul Taberei nr. 1 (Centrul Naţional de Telecomunicaţii) (…) Am primit indicaţii şi astfel am deconectat legăturile STS (TO) iar apoi le-am repus în funcţiune (…) Am făcut circuite telefonice noi, începând din 22.12.1989, noaptea, pentru MApN, pentru garnizoana de la Răzoare, la CIT –Ştirbei Vodă, unitatea de aviaţie şi unităţiledin Ghencea. Aceste telefoane erau directe, fără numere, pentru unităţile militare.”Martorul Vulpe Viorel, sediul SPM, 12.07.2005 –„În luna decembrie 1989 lucram ca tehnician la Centrul Naţional de Telecomunicaţii din Drumul Taberei. Am intrat în serviciu pe data de 21.12.1989 şi am rămas până la data de 26.12.1989.(…) Am stat numai la centrală şi reţin că am tăiat legăturile telefonice ale Securităţii din ordinul inginerului Piţigoi. S-au făcut legături telefonice noi,în sensul că, începând din 22.12.1989 am tras cablu pentru legături telefonice directe între unităţile militare şi între acestea şi CFSN.”Martorul Filoti Dumitru, sediul SPM, 05.10.2005 –„În luna decembrie 1989 eramşeful Centrul Naţional de Telecomunicaţii din Drumul Taberei (…) Am fost sunat pe 22.12.1989 de generalul Cerbu care ne-a cerut să scoatem de sub observaţie liniile telefonice, respectiv cele 4 linii telefonice,cărora le-am scos siguranţele electrice şi astfel nu mai funcţionau. În schimb,eu şi Danu Grigore (şeful reţelei), ne-am deplasat la hotelul armatei „Haiducul” unde ne-am întâlnit cu generalul Cerbu carene-a cerut să dezactivăm cele patrucircuite. Am instalat

280linii telefonice directe în tancurile care au venit acolo, erau 17 tancuri. Echipele subordonate lui Danu Grigore s-au ocupat de instalarea unor telefoane solicitate de MApN.”Martorul Guţă Ştefan, sediul SPM, 07.07.2005 –„În 1989 eram angajat ca electromecanic la Direcţia de Telecomunicaţii –Secţia Frecvenţă (comunicaţii la mare distanţă) (…) Una dintre primele măsuri luate de noi a fost aceea de a întrerupe reţeaua guvernamentală de telefonie, lucru pe care l-am făcut din dispoziţia şefilor care, am înţeles că ar fi primit dispoziţie telefonică în acest sens.(…) La cererea unor reprezentanţi ai MApN am creat noi circuite telefonice cu diverse unităţi militare din provincie, practic ajungându-se ca numărul acestora aproape să se dubleze.”Martorul Blaj Lucian, sediul SPM, 03.10.2005 –„În decembrie 1989 eram angajat ca electromecanic în cadrul Centrului Naţional de Telecomunicaţii (…) Arăt că Filoti Dumitru şi Danu Grigore au fost solicitaţi la MApN şi acolo au creat circuite telefonice noi pentru armată. Mai ştiu că la centrala noastră au fost întrerupte circuitele telefonice ce erau utilizate de către unităţile Ministerului de Interne, nu ştiu cine a cerut acest lucru.”Martorul Simişan Ioan, sediul SPM, 08.07.2005 –„În 1989 eram electromecanic la centrala telefonică din Drumul Taberei nr. 1(…) Am întrerupt circuitele abonaţilor problemă şi legăturile cu Securitatea, din ordinul şefului, acesta primind un telefon în acest sens. Aceste legături nu le-am mai refăcut. Erau circuitele TO şi alte circuite. În noaptea de 23 decembrie au fost trimise nişte reglete (circuite telefonice) la MApN. Eu şi un coleg am făcut legăturile necesare funcţionării, în centrala noastră.”Martorul Bejenaru Alexandrina, sediul SPM, 07.07.2005 –„În decembrie 1989 lucram în funcţia de şef de staţie transmisiuni, în cadrul Serviciului Transmisiuni (…)Pe perioada cât mi-am desfăşurat serviciul am asigurat buna

281funcţionare a echipamentului existent, asigurând în acelaşi timp şi noi circuite cu oraşele mari din ţară, unde se desfăşurau evenimente. Toate aceste circuite erau speciale şi asigurau legăturile între comandamentelemilitare importante ale ţării.”Aceste declaraţii se regăsesc în vol. 28 –„MApN –declaraţii angajaţiCentrala Telefonică Drumul Taberei”. Comunicaţiile militare ale fostuluiDSS au fost întrerupte pe întregul teritoriu al ţării, dovadă în acest sens fiindşiJurnalul de luptăaparţinând Brigăzii 29 –Vedete Torpiloare Mangalia unde se precizează că la „22 decembrie 1989, orele 18:00, prin grija şefului transmisiunilor a fost neutralizat sistemul de legături al miliţiei, securităţii şi organelor de contra-informaţii din raion”. Se observă că această măsură a fost ordonată la orele 18:00, moment în care pe întregul teritoriual Românieinu se trăgea (vol. 42 –Jurnale acţiuni de luptă, pg. 45, dosar nr. 11/P/2014). Martorul Budiaci Ştefan Mircea –locţiitorul comandantului Aviaţiei Militare, (sediul SPM, 22.03.2017-vol.I–Declaraţii, f.219-230) a precizat că: „În aceeaşi zi, după ce la Televiziune a apărut grupul de revoluţionari, printre care, Ion Caramitru, Mircea Dinescu şi alţii, am decis ca întreaga structură de conducere a aviaţiei militare să se alăture revoluţiei. Ca o primă măsură de precauţie am decistăierea legăturilor de comunicaţii ce aparţineau structurilorde contrainformaţii militare şi arestarea tuturor C.I.-iştilor. Tăierea legăturilor s-a făcut cu un topor, iar toţi C.I.-ştii au fost introduşi într-o încăpere, sub pază militară”. Despre această situaţie,generalulVladIulian, şeful DSS, a declarat în faţa Comisiei Senatoriale, dosar nr. 240/J.I.4 (Stenograma nr. 7 din 19.10.1993) –„Ar mai fi o problemă: De ce din 22 decembrie, după-amiaza, până în 25 decembrie legătura unităţilor de Securitate cu teritoriul aufost tăiate? Cel care a făcut

282această operaţie, din ordinul generalului Stănculescu, a fost col. Pintelie Ştefan, adjunctul ministrului transporturilor şi telecomunicaţiilor. Eu l-am promovat pe acesta şi a devenit ministru. M-amrevoltat atunci pentru că acea acţiune a dăunat foarte mult, nu au mai existat legături cu unităţile din teritoriu. Când am constatat că legăturile sunt tăiate, am cerut să vină la mine cel care avea telefoanele TO şi mi-a spus că trunchiul de la ministera fost tăiat din ordinul lui Pintelie. L-am întrebat de ce a făcut asta şi mi-a spus că a fost ordin de la Stănculescu. L-am întrebat şi pe acesta şi s-au repus legăturile pentru o oră,apoi iar s-au tăiat.”Generalul Popescu Nicolae–în decembrie 1989 comandant al trupelor detransmisiuni MApN, a declarat în faţa Comisiei Senatoriale, dosar nr. 262/J.I.4 (Stenograma nr. 48 din 15.02.1994) –„Pe22 decembrie 1989 a venit Pintelie şi amândoi am lucrat la grupa operativă, cu planul de întrerupere a unor legături TO, guvernamentale. S-a făcut acest plan cu întreruperea legăturilor guvernamentale şi TO ale demnitarilor comunişti din Bucureşti, ale Ministerului de Interne şi DSS, din provincie de la judeţenele de partid, de la securitate şi Ministerul de Interne. Aceste lucruri le-am stabilit cu generalul Stănculescu (…)Am lăsat numai la marile unităţi şi unităţile armatei.Dacă ar fi rămas numerelepe care le-am tăiat, era pericol de diversiune, s-ar fi putut vorbi de la ele şi spune diverse lucruri,puteau ieşi necazuri.”În acelaşi timp, aşa cum se va devoala într-un alt subcapitol, începând cu 22 decembrie 1989, orele 15.00, TVR şi Radiodifuziunea au fost militarizate.Aşadar,se desprinde concluzia conform căreia toate comunicaţiile, de pe întregul teritoriu al României, începând cu 22 decembrie,au aparţinut exclusivMApN.Probaindirectă,dar elocventă pentru concluzia conform căreia operaţiunea sistematică de inducere în eroare a fost făcută de la MApN, o reprezintă preocuparea conducerii acestei instituţii de distrugere a probatoriuluirelevant 283pentru aflarea autorilor inducerii în eroare,imediat după evenimentele din decembrie 1989.